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Le gouverneur de la Banque de France appelle à un "plurilatéralisme pragmatique"
information fournie par Boursorama avec AFP 26/05/2026 à 09:12

François Villeroy de Galhau à Paris, le 11 décembre 2018. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

François Villeroy de Galhau à Paris, le 11 décembre 2018. ( AFP / LUDOVIC MARIN )

Le gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, qui quitte ses fonctions en juin, appelle à un "plurilatéralisme pragmatique", dans lequel des pays "travaillent ensemble sur des sujets spécifiques lorsque leurs intérêts convergent", dans une tribune publiée lundi par le magazine The Economist.

Dressant un bilan des dix ans qu'il a traversés à la tête de la Banque de France (où il était arrivé en novembre 2015), François Villeroy de Galhau évoque "une décennie de fragmentation" et de "recours croissant à la puissance unilatérale", ajoutant "retenir quatre leçons essentielles de cette période".

"Premièrement, la politique monétaire a fonctionné, même si ce n’est pas exactement comme prévu", liste-t-il.

"Deuxièmement, l’indépendance n’est pas acquise, mais elle est une condition préalable à l’efficacité", ajoute-t-il, estimant que "le principal défi pour les banques centrales aujourd’hui — la menace croissante pesant sur leur indépendance — était à peine pensable il y a dix ans".

"Attaquer l’indépendance des banques centrales tout en prétendant combattre l’inflation relève de la schizophrénie", écrit-il encore, alors que le nouveau président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Kevin Warsh, a prêté serment vendredi devant Donald Trump.

C'est la première fois depuis Ronald Reagan que le nouveau patron de la Fed prêtait serment à la Maison Blanche, en présence du président américain, de quoi relancer les critiques sur le manque d'indépendance supposé de Kevin Warsh vis-à-vis de Donald Trump.

"La troisième leçon est l'importance de construire un +plurilatéralisme pragmatique+", poursuit M. Villeroy de Galhau. "Le multilatéralisme est dans un état critique. Le G20 est celui qui a le plus souffert, boitant d'un communiqué à l'autre depuis la pandémie; le G7, sous la présidence française actuelle, a au moins réussi à maintenir l’Amérique à bord", analyse-t-il.

Pour lui, "il est temps de trouver de nouvelles façons de coopérer", estimant que des sujets comme la stabilité financière, mais aussi "le commerce, le climat, les paiements, la tokenisation", technologie qui consiste à créer la copie numérique d'un actif financier, "et bien sûr l’IA" se "prêtent à ce pragmatisme".

Enfin, "la solidité de l’Europe dépend plus que jamais de sa rapidité et de sa capacité d'exécution", estime-t-il.

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